Des grenouilles, des serpents et des orchidées : les CFF et la nature
28.10.2026 26 min
Zusammenfassung & Show Notes
Quel lien existe-t-il entre les CFF et les orchidées ou encore les grenouilles ? Saviez-vous que les CFF mettent des serpents en garderie ? Si les trains des CFF relient des gares, ils n’en traversent pas moins la nature. Et il s’agit de le faire le mieux possible !
Bref, pour en savoir davantage sur la manière dont les CFF préservent les plantes et les animaux, mais aussi pour comprendre les dangers que fait parfois courir cette même nature, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast des CFF sur le monde ferroviaire et ses coulisses
Transkript
Les lignes de chemin de fer,
sont un super réseau au niveau national.
C’est des corridors verts
comme il y en a peu,
qui permettent de relier divers milieux.
Mais ça peut aussi avoir
un effet barrière ou coupure.
Les CFF vous souhaitent la bienvenue
et un agréable voyage dans leur podcast.
Quel lien existe-t-il entre les CFF,
les orchidées ou encore les grenouilles?
Saviez-vous que les CFF
mettent des serpents en garderie?
Si les trains des CFF relient les gares,
ils n’en traversent pas moins la nature.
Et il s’agit
de le faire le mieux possible.
Pour en savoir davantage encore
sur la manière dont les CFF
préservent les plantes et les animaux,
mais aussi pour comprendre les dangers
que fait parfois courir cette nature,
bienvenue dans ce nouvel épisode
du podcast des CFF.
Je m’appelle Jean-Philippe Schmidt
et j’ai le plaisir d’accueillir
Muriel Prisi, qui est responsable
Environnement CFF en Suisse romande.
Muriel Prisi, bonjour.
- Bonjour.
Pour te présenter en quelques mots,
tu travailles
au sein d’Environnement CFF
et tu es un petit peu la gardienne
de l’environnement
et de la nature au sein des CFF.
C’est juste ou c’est une façon
un peu osée de te présenter?
J’espère que c’est juste
et c’est effectivement
une des facettes de mon travail
en tant que «gardienne»
de ce qui est environnement,
puisque ça ne touche pas
que l’environnement vert.
Mais oui, on essaie de limiter
l’impact de nos projets
ou si besoin de les compenser
à chaque fois qu’on a un impact avec
un projet d’infrastructure ferroviaire.
Ça veut dire que tous ceux
qui vont construire un pont, un tunnel,
tous ceux qui vont
refaire des voies par exemple,
font un projet
avec des plans et ainsi de suite.
Ça passe chez toi et ton équipe
et vous vérifiez si tout est conforme
aux lois, etc., c’est ça?
- Exact.
Quand on fait l’équivalent d’un dossier
de mise à l’enquête pour un projet,
on est obligés de présenter
une évaluation environnementale.
Donc on produit un rapport
pour chaque projet mis à l’enquête.
Dans ce rapport,
on évalue entre autres
les impacts sur la nature,
donc sur la faune et la flore.
Et on minimise, compense, accompagne
pendant les phases d’études,
mais aussi jusqu’à la réalisation.
On va parler un peu plus loin
de ce que ça implique.
On va peut-être parler
de deux thèmes principaux.
C’est les fleurs, les plantes,
et puis les animaux.
Commençons avec les fleurs,
car tu nous en as apportées.
Merci, c’est la première fois
qu’on nous en apporte dans ce podcast.
On va peut-être les décrire,
peux-tu nous dire comment elles sont?
Elles sont jaunes et blanches,
elles ont soif.
Je les ai ramassées en venant ici,
donc vraiment au bord du chemin.
J’ai ai même arraché certaines,
car c’est des plantes invasives en fait.
La petite blanche
qui ressemble à une pâquerette,
quelqu’un dans le train m’a questionnée
et pensait que c’était de la camomille,
donc elle a des pétales blanches
et un centre jaune.
Ça, c’est la vergerette annuelle.
Et l’autre, qui est un peu similaire
du point de vue de la fleur,
est jaune,
et ça c’est le séneçon du Cap.
Les deux sont des plantes invasives.
Elles sont donc sur la liste noire
des plantes invasives en Suisse.
Elles n’ont rien à faire chez nous,
se propagent très,
voire trop facilement,
et le train peut être aussi un vecteur
qui aide à disséminer
les graines ou les plantes.
Typiquement ces plantes là,
même une fois arrachées,
les graines continuent
ou des petits bouts de tige
suffisent parfois à la dissémination.
Il faut vraiment bien les éliminer.
Donc personne ne t’a dit quelque chose
quand tu les as arrachées aujourd’hui.
C’est effectivement
une chose qu’il faut faire.
Et on les trouve dans
des endroits spéciaux ou un peu partout?
Celles-ci je pense
qu’on les trouve un peu partout.
C’est justement
le problème des plantes invasives.
Elles sont très concurrentielles
et vont venir s’installer plus vite.
Elles concurrencent ainsi les espèces
qu’on aimerait voir plutôt chez nous.
Il y a beaucoup de plantes?
Qu’est-ce qu’on fait?
Nous posent-elles problème?
Pourquoi les enlève-t-on?
Elles sont invasives, mais qu’est-ce
qu’il se passe si on les laisse?
Ça dépend des plantes.
Et la liste des plantes invasives
s’allonge chaque année.
Si on prend par exemple la jaune,
le séneçon du Cap,
il est toxique pour les bovins.
Pour nous aussi, mais je pense
qu’on a moins l’envie d’aller le manger.
Mais ce n’est pas bon pour le bétail.
Donc les vaches vont brouter autour
et laisser ces plantes,
ce qui va contribuer
à ce qu’il y en ait de plus en plus.
Ce n’est pas idéal.
La vergerette, à mon avis,
elle est juste invasive,
donc pas bonne
pour la biodiversité en général.
Après on a d’autres plantes invasives.
On les a aussi priorisées
par rapport à comment lutter chez nous
ou par rapport à la lutte
qu’on met en place.
Certaines sont problématiques
pour l’être humain,
car elles sont
par exemple très allergènes,
comme la Berce du Caucase.
Certaines sont problématiques
à cause de leurs racines,
qui vont déstabiliser nos talus,
par exemple la Renouée du Japon.
En règle générale,
l’ensemble des plantes invasives
prend la place de plantes
qui devraient être chez nous
et on perd donc en biodiversité.
On aura des talus tout jaunes,
plutôt qu’avec un mélange de fleurs.
C’est pas facile,
car les talus ne sont pas
comme un jardin
que l’on voit tous les jours.
Il faut vraiment les entretenir,
il y a sans doute beaucoup de fauchage.
Il y a des campagnes pour faire en sorte
qu’on n’ait aucun problème de sécurité.
C’est effectivement
mes collègues qui gèrent l’entretien
qui s’organisent avec tout ça,
puisque ce n’est pas évident.
Idéalement si on les fauche,
on le fait
avant qu’elles soient en graine,
comme ça
on limite un peu la propagation.
Donc il faut savoir où elles sont,
puis planifier
toutes les campagnes d’entretien
selon ces secteurs-là.
Il y en a qu’il faut arracher.
Il y a des invasives
qui sont sous forme d’arbres aussi,
donc on peut aussi utiliser des produits
chimiques quand on n’a pas le choix.
C’est vraiment tout un métier.
Une fois qu’on a enlevé
toutes ces mauvaises plantes,
celles que tu as arrachées,
ça fait déjà ça de moins,
on va parler un peu des bonnes plantes.
Il y a beaucoup de plantes
qu’il faut préserver.
As-tu quelques histoires à nous raconter
sur des projets dans lesquels
vous avez dû y faire attention,
les préserver et les maintenir en état?
On a beaucoup de plantes
qui sont justement plutôt favorisées,
donc on va toujours faire des relevés
avant d’avoir un projet.
Sur place,
on regarde le type de milieu
et les plantes
qui sont cette fois sur la liste rouge,
c’est-à-dire qui sont menacées,
donc protégées.
Celles que tout le monde
pourrait connaître c’est les orchidées.
On a différentes espèces
d’orchidées indigènes.
Leurs fleurs sont plus petites que
celles qu’on trouve chez le fleuriste.
Donc les orchidées ne s’achètent pas
juste en grand magasin,
pour fâner plus tard.
On en trouve aussi
vraiment le long de nos voies.
Oui, c’est quelque chose
qu’on trouve et qu’il faut laisser.
Contrairement à ce que j’ai amené,
il est interdit de les cueillir.
Au niveau suisse,
toutes les orchidées sont protégées.
Donc si on en identifie
sur un périmètre de projet,
on peut avoir
à les transplanter par exemple.
C’est des opérations
dont le succès n’est pas garanti.
Les chances de reprise
sont d’à peu près un tiers.
On sait que quand on transplante,
il y a des risques de ne pas retrouver
exactement ce qu’on a planté.
On a eu une anecdote
sur une orchidée spécifique
à Cully il y a quelques années,
où on a trouvé une Orchis géante.
C’était la première fois qu’on trouvait
cette fleur-là sur le canton de Vaud.
On s’est dit «super».
On l’a transplantée au jardin
botanique le temps des travaux,
en espérant pouvoir
ensuite la remettre sur place.
Mais elle a malheureusement connu
un triste sort en raison de limaces.
- D’accord, ça peut arriver.
- Ça peut arriver, on n’y peut rien.
Il y a les gardiens,
il y a quand même d’autres...
Ça reste la nature!
Il y a d’autres prédateurs, on va dire.
C’était une grande orchidée?
C’est quoi une orchidée géante?
L’orchidée géante
atteint jusqu’à 80 centimètres.
- C’est une grande fleur.
- Tout à fait.
Il y a des orchidées
encore plus grandes,
qui sont plus fréquentes
sur le canton de Vaud.
Je les aime bien,
car elles s’appellent Orchis bouc.
Elles s’appellent ainsi,
car elles ont une odeur de bouc,
donc on les reconnaît
aussi assez facilement.
Elles sont grandes, mais elles puent.
- D’accord.
On les transplante
quand même s’il le faut.
C’est ça tout le travail
en fin de compte,
des gardiens de la nature aux CFF.
C’est de faire en sorte
que quand on arrive,
qu’on fait un chantier,
on enlève toute la terre,
puis une fois qu’on a fini le chantier,
on remette ça le plus proche
de ce que c’était avant.
Oui, faire attention à comment
on travaille et remettre en état.
As-tu d’autres histoires de plantes,
j’aime bien les belles histoires?
Peut-être des histoires
de plantes qui ont survécu?
On a fait d’autres campagnes,
où on a transplanté.
Alors pas forcément des orchidées.
On a des graminées
ou des plantes avec des petites fleurs
qui ont des noms un peu plus latins,
et là on a eu des bons résultats,
donc c’est possible.
Après ce qu’on fait aussi,
c’est soigner toutes les remises en état
dans les talus qu’on touche.
Soit on choisit des mélanges grainiers
qui sont appropriés
aux stations dans lesquelles on est,
avec des plantes indigènes.
On va voir des vendeurs de semences
qui sont vraiment spécialisés là-dedans.
Soit, mais il faut que les conditions
soient remplies,
on peut aussi utiliser une méthode
qui est la fleur de foin.
Donc si on a une parcelle
avec une prairie intéressante,
on peut venir au bon moment,
on fauche,
on prend le foin et on le déplace
sur la parcelle à réensemencer.
Comme ça on a vraiment
les graines du lieu.
On devrait ainsi réussir à recréer
une prairie comme elle était là avant.
Vous êtes vraiment des paysagistes
de ce qui se trouve autour des voies.
C’est vrai qu’on ne se l’imagine pas,
les trains traversent la nature,
mais ils peuvent
aussi être des obstacles.
Maintenant parlons aussi des animaux.
Ça fait certes longtemps
que le train est là.
Pour les voitures,
on a par exemple des passages à niveau,
mais prend-on des mesures spécifiques
pour les animaux?
Je crois que c’est tout un deuxième pan
ou volet de ce que tu fais.
C’est de surveiller et de faire
en sorte que tous les projets
ne nuisent pas aux animaux.
De leur permettre de continuer à vivre
dans leur environnement naturel.
As-tu des exemples d’animaux ou
de spécificités créées pour les animaux?
On a plusieurs animaux qui sont
dans notre focus quand on a des projets.
Autant les lignes de chemins de fer
sont un super réseau au niveau national,
c’est vraiment des corridors verts
comme il y en a peu,
qui permettent de relier divers milieux.
Mais ça peut aussi avoir
un effet barrière ou coupure.
Par exemple pour les batraciens.
Quand ils sont en période de migration,
leur instinct leur dit
de rejoindre la forêt ou l’étang,
et s’il y a une voie entre les deux,
ils restent potentiellement
bloqués contre un rail.
Du coup ils vont simplement
longer le rail quasi indéfiniment,
si on ne les aide pas.
Donc dans certains secteurs spécifiques,
on peut mettre en place
des petits éléments métalliques,
qui font juste
que le crapaud ou la grenouille
arrive contre ce heurtoir
et passe sous le rail,
où on a préalablement dégagé
du ballast pour qu’il puisse traverser.
On crée des passages sous voie
pour les grenouilles.
Alors ça c’est des passages sous rail,
on accompagne plutôt.
Il faut bien s’assurer que le passage
est possible sur tout le parcours.
On peut faire des passages sous voie,
des crapauducs,
- Un crapauduc?
- Oui, un crapauduc.
- C’est pas mal ça.
- C’est pas mal.
C’est plus rare,
car c’est des grosses infrastructures.
Puis ça nécessite aussi
tout un système de guidage
de part et d’autre
du passage sous la voie.
Donc ce n’est pas la solution
la plus souvent mise en œuvre.
Je sais que des passages sous rail
tout simples pour les grenouilles,
on en a fait récemment aux Epoisats,
dans la vallée de Joux.
- Oui.
- Et ça marche?
Les grenouilles comprennent,
elles y vont et ça fonctionne?
Ça fonctionne, oui.
On en a effectivement mis aux Epoisats,
mais aussi dans la Grande Cariçaie.
Dans la Grande Cariçaie,
il y a eu une campagne
avec un suivi vidéo
qui a permis de les voir.
Donc elles arrivent,
elles se heurtent contre ce truc,
elles passent dessous,
ça fonctionne.
C’est pas mal,
c’est quand même une belle histoire.
On a d’autres animaux comme ça,
qui sont source de protection?
Qu’est-ce qu’on a d’autre
dans toute la faune qu’on peut avoir?
Ce qu’on a beaucoup
et qui apprécie surtout nos talus,
ce sont les reptiles, donc les serpents,
des vipères ou des couleuvres.
Car même si les trains
font du bruit et des vibrations,
ça ne les gêne pas, donc ce sont
des milieux assez tranquilles pour eux.
Souvent bien exposés
au point de vue soleil.
S’il y a un peu de cailloux,
ils sont contents aussi.
C’est aussi des espèces
qu’on a et qu’on monitore,
donc on fait des relevés
avant les projets.
On le fait à l’aide de tôles foncées,
qu’on pose dans les talus.
Elles chauffent avec le soleil et
attirent les bêtes qui viennent dessous.
C’est des spécialistes
qui viennent pour faire ça bien sûr.
Ils soulèvent ensuite la plaque
et voient le serpent.
Soit ils l’attrapent pour bien
l’identifier ou ils le font comme ça.
On sait ainsi ce qu’on a dans les talus.
Selon les projets qu’on a,
il a parfois fallu capturer ces serpents
pour les mettre «à l’hôtel»
le temps des travaux,
pour les remettre ensuite sur site.
Il y a des garderies
ou des hôtels pour serpents!
C’est pas les CFF
qui les tiennent j’imagine,
c’est des spécialistes,
mais pendant certains projets,
on déplace des serpents.
C’est un peu comme les fleurs,
mais c’est un peu différent,
car il faut s’en occuper et les nourrir.
Et ça fonctionne bien
quand on les remet?
Y a-t-il des endroits particuliers,
par exemple en Suisse romande,
où on a des serpents,
car on ne les voit pas souvent,
du moins pas dans les gares,
donc ils sont ailleurs?
On a pas mal de serpents,
typiquement dans le Lavaux.
On a eu un projet en 2018,
donc ça date déjà un peu,
mais on a fait une grande campagne
de prélèvement de ces serpents,
car on avait un gros projet
de plusieurs mois dans le Lavaux.
À l’époque, on a capturé
une bonne cinquantaine de serpents.
On les a mis dans des vivariums
pendant à peu près cinq mois
et on en a relâché à peu près 80.
D’accord, donc comme des enfants,
ils reviennent contents.
Ils ont des chambres individuelles,
enfin pas tout à fait.
Dans les spécimens capturés,
certains étaient déjà gravides,
comme on dit pour les serpents,
donc ils avaient
des bébés dans le ventre.
On ne fait pas forcément tout ça
parce qu’on trouve ça sympa,
mais parce qu’il y a
un certain nombre de lois en Suisse
très contraignantes et à respecter.
Je ne sais pas combien il y en a
quand on s’occupe de l’environnement.
- Beaucoup.
On a quasi une loi ou une ordonnance
pour tous les domaines traités,
que ce soit pour la nature,
donc faune, flore, milieu,
c’est protégé.
Mais on a aussi la protection des eaux,
protection des sols,
protection contre le bruit
ou le rayonnement ionisant.
On a vraiment des bases légales
très fortes et variées
dans le domaine de l’environnement.
J’ai aussi entendu parler,
mais c’est plutôt au pied du Jura,
de castors qui se promenaient
autour de nos projets, c’est vrai?
C’est vrai,
dans les projets en Suisse romande,
on a deux exemples récents
avec des castors,
où on leur a reconstruit des huttes.
Car si le projet amène
trop de perturbations
ou de destructions de milieux,
on leur fait un nouvel habitat.
Dans ces deux cas,
une fois à Schmitten, une fois à Ligerz,
on a réussi à faire
des cabanes attractives,
où les castors sont venus s’installer.
D’autres animaux encore
qui te tiennent à cœur,
que tu protèges
ou pour lesquels tu prends des mesures?
- Les chauves-souris.
- Oui, les chauves-souris.
Ça peut paraître
surprenant au premier abord,
mais on a pas mal d’éléments qui peuvent
être intéressants pour elles.
Soit des ponts ou des murs.
S’il y a des interstices
ou des petits trous,
ça peut être des lieux intéressants
pour les chauves-souris,
car elles viennent
y mettre leurs colonies.
Donc là on surveille aussi
si l’endroit est habité ou pas.
Il faut éventuellement boucher les trous
une fois qu’il n’a plus personne dedans,
pour éviter que personne
ne s’y installe le temps des travaux.
Ou alors on refait exprès des ouvertures
dans des nouveaux ouvrages,
pour autant que ça ne menace pas
la stabilité de l’ouvrage.
C’est toujours une discussion
qu’on a avec nos collègues.
Mais voilà, oui, les chauves-souris.
On a parlé des plantes,
on a parlé des animaux.
Il y a aussi tout un domaine
très important en matière de nature,
c’est le bruit
et la lutte contre celui-ci.
Le bruit du train, c’est un sujet
qui vous préoccupe beaucoup
dans tous les projets,
toi et ton équipe.
Effectivement,
le bruit fait partie du train.
C’est autant le bruit de l’exploitation,
donc quand les trains roulent,
que les bruits en face de chantiers.
On accompagne tout ça aussi.
On regarde si un projet va
engendrer une augmentation
du bruit en phase d’exploitation
et ce qui pourrait
nécessiter de prendre des mesures,
que ce soit une paroi anti-bruit
dans un cas extrême ou des fenêtres.
Et pendant la phase de chantier,
on va réfléchir avec les entreprises
à comment limiter
les nuisances en face des chantiers.
Ça commence
par l’organisation du travail.
On est obligés de faire
beaucoup de travaux de nuit,
on n’a malheureusement pas
tellement le choix.
La nuit les gens dorment et
nos travaux sont souvent très bruyants,
en tout cas
les grosses machines ferroviaires.
Il y a un premier pan
au niveau organisationnel.
On réfléchit ensuite
à des mesures sur place, à la source.
C’est plus compliqué,
mais on peut isoler
certaines parties de machines
ou de véhicules bruyants.
On peut éventuellement aussi
poser des parois anti-bruit provisoires.
À t’entendre on fait
beaucoup de choses pour la nature.
Je vais faire ici une petite parenthèse,
car la nature fait aussi beaucoup,
mais pas forcément pour nous,
parfois aussi contre nous.
J’ai demandé à une collègue,
Émilie Rascol,
qui est justement spécialiste
des dangers naturels,
de nous parler et de décrire
en quelques mots les différents dangers
qu’on peut retrouver dans la nature
et qui peuvent menacer
les chemins de fer.
Émilie Rascol, tu es ingénieure civile
et spécialiste en géotechnique.
Quels sont les dangers naturels
que les trains et les voyageurs
peuvent rencontrer
et contre lesquels il faut lutter.
Je sais pas si on peut parler de lutte,
mais il y a
des dangers naturels en Suisse.
Ce sont principalement
les glissements de terrain,
les chutes de pierre,
les falaises instables et les crues.
On ne va pas faire peur aux gens,
ça arrive quand même assez rarement.
Et il y a un certain nombre
d’éléments ou de moyens
pour lutter contre ces éléments
et faire en sorte de les prévenir.
Que mettez-vous en place, aux CFF,
pour éviter les crues et
les glissements de terrain par exemple?
On a une surveillance active
pour les crues.
On est en lien avec MétéoSuisse.
Donc dès
qu’il y a des prévisions de crues,
on est alertés
au même titre que les pompiers.
On met alors en place des processus
qui permettent de gérer ce problème.
Et au pire des cas,
quand un pont
est à proximité d’une zone de crue,
on interdit la voie
et les trains ne peuvent plus rouler.
Il y a parfois des bus de remplacement.
Dans le cas des crues du Rhône de 2023,
il n’y avait plus rien qui roulait,
ni les trains, ni les bus.
C’était tout bloqué,
mais personne n’a été mis en danger.
Je crois que c’est l’essentiel,
éviter la mise en danger
quand ces choses arrivent et
contre lesquelles on ne peut pas lutter.
Il y a d’autres éléments
ou dangers naturels
pour lesquels on peut
prendre des précautions.
Alors c’est clair
contre les chutes de pierres,
on installe le long des voies,
dans les zones à risques,
des filets de protection.
Ils remplacent parfois
même les forêts de protection.
Ça c’est la première étape,
c’est les arbres qui nous protègent.
Deuxième étape,
quand c’est insuffisant,
on met en place
des filets de protection
qui retiennent les blocs avant
leur chute sur la voie et les trains.
Les arbres qui nous protègent,
ça veut dire que c’est les racines
qui permettent de faire tenir le sol,
c’est bien ça?
Pas tout à fait,
c’est vraiment les troncs
qui vont retenir les blocs
quand ils dévalent une pente.
D’accord, une dernière question.
Ces phénomènes sont-ils
de plus en plus fréquents?
Ou est-ce stable?
C’est clair qu’on dit
qu’avec le réchauffement climatique,
on va avoir une occurence
plus importante des dangers naturels.
Et une intensité
qui peut aussi être plus importante.
Donc nous,
on n’a pas un processus différent.
Mais par contre,
on sait qu’on peut
être plus souvent frappés
par des dangers naturels.
Et puis on s’y prépare
pour les années à venir.
Muriel Prisi,
on parle du réchauffement climatique.
Il y aura bientôt
des cactus au bord des voies
comme au sud de l’Italie
ou c’est encore un peu tôt?
J’espère qu’on a un petit peu
de marge avant les cactus.
Mais c’est vrai qu’on s’adapte aussi,
typiquement avec les espèces
d’arbres qu’on va choisir.
Il n’y a pas que les CFF qui font ça.
Aussi avec certaines maladies
qui sont maintenant plus
problématiques pour les espèces,
donc on adapte
les listes d’espèces plantées.
On l’a vu,
la nature peut être source de dangers,
mais elle est surtout
source de contemplation.
Rien de mieux
quand on est dans un train,
confortablement assis,
de regarder par la fenêtre.
As-tu des conseils pour observer
la nature depuis sa fenêtre?
Le premier conseil,
c’est d’observer.
Je suis la première
à être plutôt sur un écran
pour travailler ou lire.
Donc regarder dehors de temps en temps,
ça fait du bien.
Comme souvent ça va vite,
moi je conseillerais
de juste voir le vert pour commencer,
et après la diversité
des couleurs existantes.
As-tu une fleur préférée dans toutes
celles qui poussent le long des voies?
Je les aime toutes,
mais une que j’aime bien,
mais il vaut mieux être à pied
qu’en train effectivement,
c’est l’esparcette.
Comment est-elle cette fleur?
Elle a déjà un joli nom
et elle est rose clair,
un peu pyramidale avec des petites
fleurs un peu asymétriques.
J’aime aussi la voir,
car elle indique un milieu maigre,
donc diversifié et intéressant.
- Rose, tu as dit?
- Oui, rose.
OK,
alors c’est le challenge qu’on va donner
à nos auditrices et à nos auditeurs.
Trouvez-nous des esparcettes
et envoyez-nous vos photos.
Mais n’allez pas dans nos talus,
ça c’est dangereux!
Faites-le depuis le train,
ce sera encore plus délicat,
car oui,
on ne va pas dans les talus.
Je crois qu’on a fait un joli tour
de ce qu’était la nature,
de ce qu’était l’environnement.
Maintenant c’est à nos auditrices
et auditeurs d’aller se promener
et surtout d’observer la nature.
Merci d’avoir participé à ce podcast
sur et autour de la nature.
Si le sujet vous intéresse,
vous avez la possibilité
de trouver
d’autres informations sur notre site.
Si vous avez des questions,
écrivez à podcast@cff.ch.
On se retrouve bientôt pour un nouvel
épisode du podcast CFF, à bientôt.
Ce podcast est maintenant terminé.
Nous vous prions de bien vouloir
descendre et vous disons à bientôt.