Pourquoi on ne voit pas souvent de trains CFF dans les stations-service

27.05.2026 22 min

Zusammenfassung & Show Notes

Est-ce que vous avez déjà vu un train CFF dans une station-service ?  Non, bien sûr, alors comment ça fonctionne un train ? D’où vient le carburant ? Et est-ce qu’on peut conduire un train de manière écologique ? Bref, pour en savoir davantage sur l’énergie et la durabilité aux CFF sans oser le demander, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast des CFF sur le monde ferroviaire et ses coulisses ! 

Transkript

Il faut s’imaginer qu’en période d’heures de pointe, on peut avoir 500 trains qui circulent simultanément et qui ont des besoins de puissance complètement différents. Quand on gère un réseau, on doit toujours veiller à avoir un équilibre entre la production et la consommation. Les CFF vous souhaitent la bienvenue et un agréable voyage dans leur podcast. Est-ce que vous avez déjà vu un train des CFF dans une station-service? Bien sûr que non, puisque les trains n’utilisent en principe pas d’essence. Alors quel est leur carburant? Comment fonctionnent une locomotive et un train? Peut-on conduire une locomotive de façon écolo? Pour répondre à toutes ces questions, j’ai le plaisir d’accueillir ici M. Énergie des CFF, Nicolas Ecoffey. Nicolas Ecoffey, bonjour. Bonjour. Commençons par une question un petit... Ça commence mal, puisque tout est noir. Pour ceux qui n’ont pas la vidéo, le studio est tombé dans le noir, je crois qu’on a une panne de courant. Je vais en profiter pour te poser la première question de ce podcast: est-ce possible qu’aux CFF, on ait une panne de courant générale et que plus un seul train ne circule? On a un système de production et de distribution qui est sérieux, qui est stable, qui fonctionne bien. Mais on ne peut pas exclure complètement une panne générale. Je me souviens des images de juin 2005, lors de la panne de courant générale aux CFF. Il y avait des clientes et clients assis sur le quai de la gare, avec les jambes qui pendaient dans le ballast. Plus aucun train n’a circulé pendant de nombreuses heures. C’est des images qui ont fait le tour du monde. Je crois que tu as eu des retours du Japon ou de Chine sur ces images. On a depuis investi dans le réseau, on a créé des redondances. Elles nous permettent d’alimenter les endroits touchés par une panne avec d’autres lignes à haute tension. Et on a aussi un système de commande à distance, une sorte de centrale d’engagement, qui nous permet d’observer, de monitorer et de commander toutes nos installations de production et de distribution électriques. Si on a une usine électrique qui tombe tout d’un coup en panne, ou une installation électrique qui a un défaut, on pourrait réagir très vite à distance et donner un ordre de production à une autre usine électrique, pour pouvoir compenser le manque qui pourrait se produire sur le réseau. Donc on a beaucoup de mesures qui sont prises à l’arrière-plan pour pouvoir gérer des impondérables, des aléas. Mais on ne peut pas l’exclure. On ne devrait donc plus voir ces images qui avaient fait le tour du monde à l’époque, de milliers de personnes dans des gares vides avec des trains arrêtés partout. Avec les systèmes de redondances, ça ne devrait plus arriver, c’est ça? C’était impressionnant, mais du point de vue de l’exploitation, non, on ne les verra plus. Je crois que pour les clients, oui, c’est sûr. Je me souviens qu’une des difficultés à l’époque avait été de remettre du courant. Ce n’est pas comme quand on a un fusible qui lâche à la maison. On remet un autre fusible et tout repart d’un coup. Je crois que c’est ça l’enjeu principal, de faire redémarrer tous ces trains les uns après les autres. Comment cela fonctionne-t-il? Exactement, c’est ça l’enjeu principal. Il faut voir maintenant, si ça devait arriver, on calculerait avec deux heures pour une remise en service. Deux heures, c’est peu par rapport à l’époque. Quand on regarde ce qui s’est passé en Espagne et au Portugal l’an dernier, il a fallu beaucoup de temps aux opérateurs électriques pour pouvoir rétablir le réseau. Donc deux heures, c’est déjà une bonne performance. - Pour un client, c’est long deux heures. - Justement. Je voulais y venir, car si aucun train ne circule pendant deux heures, ça devient long, et même très long. Donc on travaille dessus et on a l’ambition de pouvoir remettre le réseau en service en cinq minutes. On va faire des tests cette année, après avoir fait des tests théoriques. On va faire les tests pratiques cette année. J’ai bon espoir qu’on y parvienne, et si on y parvient... J’espère qu’on marquera les esprits, l’avenir nous le dira. Rassure-moi, les tests ne se feront pas aux heures de pointe le matin? J’imagine que ces tests seront un petit peu en dehors du circuit. Je ne vais pas tout trahir, mais ça ne sera pas en heure de pointe. Ils seront à des endroits bien choisis, où on peut localiser le problème. Comme on a de nouveau du courant, on va peut-être essayer de voir comment on fabrique ce courant de traction aux CFF. Si j’ai bien compris, l’histoire commence avec un petit volt, une sorte de volt un peu imaginaire, et pour le suivre on doit d’abord aller très haut sur les montagnes. Exactement, en fait notre courant de traction est produit avec de l’eau. C’est de l’énergie hydraulique. On produit à peu près 2000 GWh par année de courant de traction. Pour se faire une idée, car c’est toujours assez abstrait, ça correspond à peu près à la consommation d’un demi-million de ménages. Cette énergie est effectivement produite avec l’énergie hydraulique. On est en surplus en été, comme tous les producteurs d’énergie. Et en hiver on est plutôt en négatif, donc on est obligés d’acheter l’énergie sur le marché. On achète de l’énergie renouvelable sur le marché pour pouvoir équilibrer notre production. Donc le petit volt est dans une sorte de pile qui s’appelle le barrage. Quand on en a besoin, on fait tomber l’eau dans la vallée. Ça fait fonctionner des turbines et la turbine produit de l’électricité. En très gros, c’est un petit peu ça. Oui, on a nos réserves d’énergie qui sont stockées dans les barrages. Les barrages se situent généralement au-dessus, le plus haut possible par rapport à une centrale de production. L’eau est amenée dans des conduites forcées, dans les centrales de production. Dans ces dernières, l’eau, qui vient avec une très forte pression, actionne une turbine et cette énergie mécanique de la turbine est transmise à un générateur. Celui-ci transforme alors l’énergie mécanique en énergie électrique. À partir de ce moment-là, l’électricité qui est produite est transférée à des sous-stations. Les sous-stations sont des endroits où on transforme le courant de haute tension en courant de traction. Depuis celles-ci, on distribue le courant de traction dans les lignes de contact et les trains vont s’alimenter dessous avec leurs pantographes. Voilà un peu le schéma de manière très simplifiée, de la goutte d’eau jusqu’au pantographe de nos trains. D’accord, j’ai une petite remarque. Si j’ai bien compris, le courant des CFF qui fait fonctionner nos trains, est 100% écolo. On peut le dire, oui, depuis le 1er janvier 2025, le courant de traction est 100% écologique. Donc avec notre propre production. Et l’énergie renouvelable achetée sur le marché est acquise avec des certificats de production, ce qui permet d’assurer sa traçabilité. On a là notre petit volt fictif qui est arrivé jusqu’à la locomotive. Je te propose d’écouter maintenant Gilles Demierre, qu’on va retrouver en gare de Lausanne pour entrer dans cette locomotive et voir ce qu’il se passe avec ce petit volt. On se trouve en gare de Lausanne, sur la voie 3. On est juste devant une de ces grandes locomotives rouges, qui s’appelle une Re 460. Je suis avec Gilles Demierre, qui est formateur de mécaniciens. On va aller voir ce qu’il y a à l’intérieur de cette locomotive. On voit d’abord que le courant arrive par la caténaire et par le pantographe. On va ensuite voir ce qu’il se passe à l’intérieur. Le courant arrive par le fil de caténaire, qui est le fil au-dessus de nos voies et qui parcourt tout notre réseau. C’est là que transite le courant électrique. Il va effectivement rentrer par le pantographe, qui est ce gros archet qu’on voit au-dessus de tous nos trains. Il permet d’amener le courant dans notre locomotive. Je propose qu’on monte dans la locomotive pour voir ce qui se cache derrière cette grande infrastructure toute rouge, qui s’appelle une locomotive 460. On y va? - Alors on y va. On est maintenant dans la locomotive. On est dans la cabine de conduite, le train va partir. Qu’est-ce qui va se passer derrière la porte qui mène aux moteurs? C’est bien les moteurs qu’on voit là-dedans? Les moteurs ne sont en fait pas très gros dans les trains. Le moteur n’est pas la partie la plus grosse d’un train. La partie la plus grosse qu’on ait, c’est le transformateur de courant. Il faut savoir qu’on rentre avec du 15 000 volts. Et on ne va pas les envoyer directement dans les moteurs. Et à la sortie de ce transformateur, qui est maintenant souvent dans le plancher de nos trains, ça va aller alimenter des convertisseurs, qui vont ensuite aller alimenter nos moteurs de traction. Le rôle du convertisseur est simplement de moduler le courant pour envoyer plus ou moins de force dans les moteurs, afin qu’on puisse faire avancer nos trains. Une machine comme la Re 460, c’est environ 8500 CV. Une voiture électrique classique compte elle à peu près 300 CV. Donc vous voyez le ratio, même si une voiture fait 2 tonnes, alors que notre machine pèse 84 tonnes. Il y a donc un petit peu plus de poids à tracter. Mais la vraie partie du moteur de traction, c’est pas la partie la plus grosse. On a encore plein d’autres choses. On essaie de décrire ce qu’on voit derrière cette porte, dans le moteur. C’est un peu comme si on imagine un ordinateur, on met la prise électrique, et entre la prise et l’ordinateur, il y a cette petite boîte noire qui est le transformateur. Et cette grosse boîte rouge quelque part, c’est ce qui va transformer le courant de 15 000 volts en courant pour tracter une locomotive. Simplement c’est un peu plus gros. C’est même largement plus gros que notre ordinateur. En fait il n’y a pas grand chose à voir, car on a beaucoup protégé les éléments. Parce que 15 000 volts, c’est quand même beaucoup. Notre prise de courant c’est 230 volts, alors que nous, on en a 15 000. Mais ce véhicule nous permet d’aller dans les compartiments, parce que tout est justement protégé. Essayons d’aller voir un peu ce qu’on a là-dedans. Alors viens voir un peu. - Je te suis. On est vraiment au centre de la locomotive 460, au milieu du transformateur rouge. Oui, on est dans le cœur de la machine. On voit deux grosses armoires à peu près au milieu de la machine. C’est les fameux convertisseurs de traction, qui vont nous permettre de faire deux choses. D’abord d’alimenter nos moteurs pour avancer, mais aussi de transformer nos moteurs en génératrices en phase de freinage. Le courant va passer dans l’autre sens et repartir dans la ligne de contact. via le pantographe qu’on a décrit tout à l’heure. Ça nous permettra aussi d’économiser beaucoup d’énergie quand on roule, ainsi que tous ces carénages. Nicolas Ecoffey, j’ai l’impression qu’une locomotive qui démarre prend énormément de courant, ce n’est pas une lampe qu’on allume. Je pense que c’est un enjeu d’arriver, notamment aussi aux heures de pointe, à avoir suffisamment de puissance pour que toutes ces locomotives qui pompent du courant fonctionnent. Notre système est d’ailleurs dimensionné sur ces heures de pointe. On a un horaire cadencé aux CFF, et au moment du démarrage des trains, on doit pouvoir avoir assez de puissance pour alimenter les trains. Tu me posais d’ailleurs la question pour la remise en service d’un réseau. C’est un des éléments qui apporte une complexité supplémentaire. On a un réseau de production et de distribution d’électricité qui est grand, qui est relativement complexe. On couvre tout le territoire, on possède huit usines hydrauliques et on est en partenariat sur cinq autres usines hydrauliques. On a une centaine de sous-stations ferroviaires, douze transformateurs de fréquence, 2000 kilomètres de lignes de contact. Il faut s’imaginer qu’en période d’heures de pointe, on peut avoir 500 trains qui circulent simultanément. Ils bougent sur le réseau et ont des besoins d’électricité, des besoins de puissance qui sont complètement différents. On doit toujours veiller, lorsqu’on gère un réseau, à avoir un équilibre entre la production et la consommation. Donc si d’un coup on ne produit plus ou qu’on n’arrive plus à distribuer, il faut remettre cette production en marche de manière synchronisée avec la consommation. Avec le nombre de trains sur le réseau, tu as vu la puissance des locomotives, c’est extrêmement complexe, c’est de la fine horlogerie. J’ai entendu quelque chose d’intéressant. Maintenant c’est plus connu, car on a plus de voitures électriques et on voit que quand on freine, il y a de la production de courant. Et une locomotive ne passe pas son temps à consommer du courant. Elle peut aussi en produire pour la rendre au réseau, c’est juste? C’est absolument juste, mais on ne la revend pas au réseau. Lorsque les locomotives freinent, on récupère l’énergie et on la remet dans la ligne de contact. Ça nous permet d’économiser, notre collègue mécanicien parlait d’économie substantielle, on arrive ainsi à économiser 8% du courant de traction. Ça fait environ 20 ou 40 GWh, je ne sais plus exactement. C’est de l’énergie qu’on ne doit ni produire ni acheter. C’est donc un système très intéressant pour nous. On a beaucoup parlé de l’énergie pour alimenter nos locomotives. J’imagine qu’on a d’autres sources d’énergie aux CFF. On parle beaucoup du solaire par exemple. Qu’a-t-on d’autre à part l’énergie hydraulique aux CFF? On a du solaire, et d’ailleurs on le développe. On veut diversifier notre portefeuille de production d’énergie. On a l’ambition d’installer 160 GWh d’ici 2040 sur nos installations, ce qui correspond à peu près à la consommation de 40 000 ménages. C’est aussi la moitié de la consommation du courant domestique. On fait la distinction entre le courant domestique et celui de traction. Le courant domestique est celui dans les prises à la maison. On a aussi un besoin de courant domestique aux CFF pour nos bureaux, pour nos signaux, pour nos installations de sécurité. À l’heure actuelle, on recense toutes les surfaces sur lesquelles on peut installer du photovoltaïque. Ça peut être le toit des gares ou des bâtiments. Ça peut être les marquises sur les quais. On doit évidemment faire attention à ne pas abimer le patrimoine. Ça peut être sur les barrages, sur les surfaces libres. Avec vraiment cet objectif de monter ces installations photovoltaïques. Si tu compares avec ce que tu fais chez toi, quand tu mets des installations photovoltaïques sur ton toit pour alimenter par exemple ta pompe à chaleur. Le ferroviaire est plus compliqué, car c’est un milieu de production. Il y a des contraintes en termes de normes, en termes de sécurité. Ça prend du temps pour mettre en place ces installations photovoltaïques. Si je comprends bien, les maîtres-mots sont l’écologie et la durabilité. Je te propose d’écouter la suite de ma promenade avec Gilles Demierre. On est allés dans la cabine et il m’a expliqué qu’on pouvait conduire une locomotive de manière écolo. - Exactement. - On l’écoute. Comment peut-on conduire un train de manière écologique? C’est pas nouveau, nos trains ont toujours eu une récupération d’énergie en phase de freinage de nos locomotives. C’est encore le cas aujourd’hui, mais on nous a rajouté divers systèmes au fur et à mesure des développements techniques et technologiques. On a toujours formé nos mécaniciens à utiliser le freinage électrique lorsqu’on est en phase d’arrêt ou de décélération. Le but est de renvoyer du courant dans la ligne et de nous permettre de consommer ainsi moins d’énergie de nos barrages. Puis on nous a rajouté pas mal de choses. On a commencé il y a quelques années, vers 2015 environ, avec l’ADL, «Adaptative Lenkung», ou régulation adaptative en français. Là c’est le régulateur, qui est au centre d’exploitation. Son rôle est en gros de contrôler que la circulation est à l’heure. Il peut aussi envoyer des recommandations de conduite au mécanicien de locomotive pour éviter que ce dernier se retrouve arrêté devant un signal rouge. Car c’est le redémarrage qui consomme énormément d’énergie. Donc il va envoyer cette recommandation de vitesse au mécanicien de locomotive, une vitesse plus basse que la vitesse maximale. Si le mécanicien la respecte, ça permettra de lui éviter un arrêt supplémentaire qui n’était pas nécessaire. C’est un des premiers éléments qu’on a eus depuis 2015 environ. Au fur et à mesure des développements technologiques, on a encore rajouté différents éléments. Sur notre tablette en cabine, où on a nos horaires et nos vitesses, on a une colonne que tu peux voir affichée sur ma tablette derrière moi, avec la vitesse maximale de la ligne. Et une autre colonne s’est rajoutée, où on a une vitesse optimisée qui est calculée par rapport aux circulations des jours précédents. Le même train qui a circulé les jours précédents a donc un horaire optimal pour pouvoir respecter son horaire. Et puis on a des vitesses plus basses que les vitesses maximales. En roulant moins vite, on consomme forcément moins d’énergie. Tout en bas à droite de la tablette, on voit encore un petit compteur de secondes en général, qui nous dit selon cet horaire et les vitesses qu’on a fait, si on est plus ou moins à l’heure à quelques secondes près. Si on est en avance, on va rouler moins vite que la vitesse optimale. Si on est en retard, on va plus tendre à rouler vers les vitesses maximales. Tous ces éléments mis bout à bout nous permettent de rouler en économisant énormément d’énergie. Quand on a mis l’ADL en service en 2015, puis d’autres optimisations après, on a pu économiser en un an l’équivalent de la consommation de la ville de Berne. C’est impressionnant. J’ai aussi appris que, contrairement à une voiture, quand on fait Lausanne–Genève en voiture, si on fait le même trajet en train, la locomotive ne met pas tout le temps «les gaz», n’utilise pas constamment de l’énergie, c’est vrai? C’est tout à fait juste, on forme aussi nos mécaniciens à utiliser les déclivités, c’est-à-dire les montées et descentes. La gare de Lausanne étant plus haute que celle de Genève, on va pouvoir à un moment donné, en jouant avec ces montées et descentes, éviter d’utiliser du courant. On laisse donc le train perdre de la vitesse en montée et reprendre un peu de vitesse en descente. L’horaire étant maintenant plus dense, on peut un peu moins l’utiliser, d’où l’arrivée de ces vitesses optimisées. On disait à l’époque que si on avait une minute d’avance à Gland, qui est encore bien avant Genève, on coupait et on ne faisait plus rien et on arrivait à l’heure à Genève, avec la bonne vitesse à l’entrée de la gare. C’est fascinant d’imaginer qu’on peut être dans un train entre Gland et Genève qui est en roue libre, sans que du courant soit fabriqué. On parle beaucoup d’économie de l’énergie. A-t-on encore des pistes? Cherche-t-on encore comment gagner et économiser encore de l’énergie? Peux-tu nous dire deux mots sur ces projets que vous préparez? On met effectivement l’accent sur l’efficience énergétique. On sait que le besoin en énergie va augmenter dans la société. Les voitures électriques, les centres de calcul. Pour nous aussi, aux CFF, on va toujours développer l’offre. On compte aussi avec une augmentation du nombre de passagers d’ici 2050. L’offre va donc suivre aussi et il faudra plus d’électricité. On essaie donc d’engager des ressources, des projets, de l’innovation, pour réduire notre besoin en électricité. Tous les CFF sont concernés, pas juste le département Énergie. Les nouveaux bâtiments ont des bilans énergétiques plus favorables. On a des nouveaux systèmes d’éclairage moins gourmands en consommation. Quand on parle de systèmes d’éclairage, si on pense à des gares de triage, par exemple à Lausanne ou à Zurich, c’est des éclairages extrêmement importants. On peut économiser beaucoup à ce niveau. Nos centrales de gestion d’énergie sont aussi optimisées. On va aussi les centraliser pour mieux gérer l’offre, ou le besoin d’énergie et la production, respectivement l’achat d’énergie. Mais le gros potentiel se trouve quand même dans l’exploitation. Comme le disait le collègue mécanicien, on peut rouler de manière ciblée pour réduire la consommation d’électricité. Les nouveaux matériels roulants sont nettement moins gourmands en énergie que les générations précédentes. Ça se voit dans les faits et dans les chiffres. Par rapport à 2010, quand on a lancé un grand programme d’économie d’énergie aux CFF, on a économisé 630 GWh. D’ici 2030, on va arriver à 850 GWh. Là aussi, pour se donner à nouveau une idée, ça correspond à la consommation annuelle de 200 000 ménages. Donc ça vaut vraiment la peine d’investir dans les économies d’énergie. Je crois qu’on pourrait encore parler longtemps d’énergie, mais on va s’arrêter là. En tout cas nos auditeurs ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode du podcast des CFF. Merci beaucoup, Nicolas Ecoffey, d’être venu nous expliquer les coulisses de l’énergie. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez plus d’informations sur notre site Internet. Si vous avez d’autres questions, vous pouvez nous envoyer un message à podcast@cff.ch. Et puis moi je vous dis à bientôt pour un prochain épisode du podcast. Et à une prochaine, au revoir. Au revoir, et merci. Ce podcast est arrivé à son terme. Nous vous prions de bien vouloir descendre. Au revoir et à bientôt.